Une petite fuite en courant, une gêne quand vous sautez ou, au contraire, la difficulté à sentir les muscles du plancher pelvien peuvent donner envie de commencer des exercices. Mais contracter plus fort n’est pas toujours la bonne réponse : la qualité du mouvement, le relâchement et votre situation comptent autant que l’effort. Voici comment repérer les muscles concernés, comparer quelques façons de les solliciter et intégrer une pratique prudente à votre routine. Après un accouchement, en cas de douleur ou de symptômes persistants, un professionnel de santé pourra vous guider.
À quoi sert un exercice pour le périnée ?
Le périnée, aussi appelé plancher pelvien, est un ensemble de muscles et de tissus qui soutient les organes du bassin et participe notamment à la continence. Il travaille avec le reste du corps pendant les efforts : courir, sauter, tousser ou soulever une charge modifie les pressions dans l’abdomen. Un exercice périnéal vise donc à mieux percevoir ces muscles, à les contracter quand c’est utile et à les relâcher ensuite. Il ne s’agit pas de garder le périnée serré toute la journée.
Les fuites à l’effort ne sont pas un diagnostic à poser soi-même et ne signifient pas automatiquement que le périnée manque de force. Une gêne, des douleurs ou une sensation de pesanteur méritent aussi d’être évoquées avec un professionnel. Pour retrouver d’autres conseils de pratique, vous pouvez parcourir la rubrique sport et santé.
Comment repérer la bonne contraction ?
Installez-vous d’abord dans une position confortable, assise ou allongée. Respirez normalement. Imaginez que vous retenez un gaz et que vous fermez doucement les ouvertures du bassin, puis que vous les faites remonter légèrement vers l’intérieur. L’effort doit rester localisé : évitez de serrer les fesses, de rapprocher les genoux, de bloquer la respiration ou de pousser vers le bas.
La présentation de l’Assurance Maladie sur le traitement de l’incontinence urinaire décrit la rééducation manuelle comme un travail de prise de conscience des muscles du périnée, avec des exercices ciblant contraction et relâchement. Cette distinction est importante : après la contraction, laissez les muscles revenir à leur état de repos. Si vous ne sentez rien, ou si vous percevez surtout une poussée, n’augmentez pas la force au hasard ; faites-vous accompagner.
Une astuce parfois proposée consiste à interrompre brièvement le jet d’urine pour reconnaître les muscles, mais ce n’est pas un entraînement à répéter pendant la miction. Les séances se pratiquent hors des toilettes, vessie vide ou confortablement, afin de ne pas perturber la façon habituelle d’uriner.
Quelles variantes essayer ?
Pour débuter, privilégiez une contraction douce suivie d’un relâchement aussi long que nécessaire. Quand le geste est clair et confortable, vous pouvez explorer plusieurs formats :
- Les contractions lentes, où vous serrez progressivement, maintenez brièvement, puis relâchez complètement.
- Les contractions courtes, qui consistent à contracter puis relâcher sans maintenir longtemps.
- La coordination avec l’expiration, en soufflant doucement pendant l’effort plutôt qu’en bloquant l’air.
- L’exercice en différentes positions, d’abord allongée ou assise, puis debout si le contrôle reste facile.
Ces variantes ne sont pas un concours de durée ou de puissance : la capacité à relâcher compte autant que celle à contracter. La page de rééducation périnéale publiée par Elsan donne, à titre d’exemple, un exercice dit « de l’ascenseur » : imaginer une montée puis une descente graduelles, avec des pauses d’une seconde à chaque niveau, et répéter le mouvement une dizaine de fois, deux fois par jour. Il s’agit d’un exemple de pratique présenté par cette source, pas d’une prescription universelle ; adaptez-le avec un professionnel si vous avez des symptômes ou un doute.
Un autre exemple publié par TENA propose des contractions de deux secondes suivies de deux secondes de relâchement, puis des maintiens de cinq secondes, cinq à dix répétitions, et des contractions rapides réalisées cinq à dix fois par jour. La même page évoque un maintien pouvant aller jusqu’à soixante secondes pour une variante d’endurance. Ces nombres décrivent le programme proposé par TENA pour les exercices de Kegel ; ce ne sont pas des objectifs à imposer à chacun. Ne cherchez pas à atteindre ces durées si la contraction se dégrade, si vous bloquez votre souffle ou si le relâchement devient difficile.
Comment choisir entre exercices à domicile et accompagnement ?
Un exercice à domicile peut aider à découvrir le mouvement et à pratiquer ce que vous maîtrisez déjà. En revanche, il ne permet pas toujours de savoir si vous contractez les bons muscles, si vous compensez avec les fesses ou si le problème vient d’une difficulté à relâcher. Un accompagnement par une sage-femme, un médecin ou un kinésithérapeute formé à la rééducation périnéale permet d’évaluer votre situation et de choisir une méthode adaptée. L’Assurance Maladie mentionne notamment la prise de conscience manuelle et des exercices ciblés ; les modalités dépendent de l’évaluation et des besoins.
Le matériel n’est pas indispensable pour commencer. Une sonde ou un dispositif de biofeedback peut être utilisé dans certains parcours de rééducation, mais il ne remplace pas l’apprentissage du geste ni l’avis d’un professionnel. Ne choisissez pas un appareil sur la seule promesse d’un renforcement rapide : demandez d’abord si son usage est adapté à votre situation.
Comment intégrer l’exercice à la pratique sportive ?
Choisissez un moment calme pour vous entraîner, sans chercher à ajouter des contractions à chaque geste sportif. Une fois que vous identifiez bien contraction et relâchement, vous pouvez observer comment votre corps réagit aux changements de position et aux efforts du quotidien. Si une activité provoque des fuites, une douleur ou une pesanteur, réduisez l’intensité qui déclenche la gêne et demandez conseil plutôt que de continuer en serrant le périnée en permanence.
Après un accouchement, la reprise demande une attention particulière. La fiche de la Haute Autorité de santé consacrée au post-partum recommande une rééducation du périnée avant la reprise d’une activité physique plus intense ou sportive. Elle indique aussi que les activités comportant des impacts au sol, comme la course, le tennis ou le trampoline, attendent que le périnée ait retrouvé sa fonctionnalité. Pour préparer la séance dans son ensemble, des mouvements progressifs et un échauffement adapté, comme ceux proposés pour se préparer à la marche nordique, peuvent aider à aborder l’effort graduellement ; ils ne remplacent pas une rééducation indiquée.
Quels signes permettent de vérifier le geste ?
Après chaque répétition, vous devriez pouvoir reprendre une respiration naturelle et sentir le périnée se détendre. Le ventre et les fesses ne doivent pas rester contractés. Observez plutôt la qualité du mouvement que le nombre de répétitions : la contraction est-elle douce et localisée ? Le relâchement est-il complet ? Pouvez-vous reproduire le geste sans douleur ni poussée ? Si la réponse est non, simplifiez l’exercice ou interrompez-le.
Notez également ce qui se passe pendant les activités qui vous préoccupent : fuite, urgence, douleur ou sensation de lourdeur. Ces observations donnent des repères utiles à partager lors d’une consultation, sans permettre à elles seules de déterminer la cause. Une gêne persistante ou croissante, des difficultés à uriner ou à évacuer, ou des symptômes qui limitent votre sport justifient un avis médical. L’objectif est de trouver un exercice et une progression adaptés, pas de forcer jusqu’à obtenir une contraction maximale.
Questions fréquentes
Peut-on faire les exercices du périnée tous les jours ?
La régularité peut aider à apprendre le mouvement, mais il n’existe pas une dose unique adaptée à tout le monde. Commencez sans forcer et vérifiez que vous pouvez relâcher complètement après chaque contraction. Si vous ressentez une douleur, une tension qui persiste ou une aggravation des symptômes, arrêtez et demandez conseil à une sage-femme, un médecin ou un kinésithérapeute.
Comment savoir si je contracte le bon muscle ?
Vous devriez sentir une fermeture et une légère remontée autour des ouvertures du bassin, sans pousser vers le bas. Les fesses, les cuisses et le ventre restent aussi détendus que possible, et la respiration continue. Si vous n’arrivez pas à distinguer contraction et poussée, ou si vous avez un doute, un professionnel formé à la rééducation périnéale peut vérifier votre geste.
Les exercices du périnée suffisent-ils à traiter les fuites pendant le sport ?
Pas nécessairement. Les fuites peuvent avoir différentes causes et les exercices ne conviennent pas seuls à toutes les situations. Si elles se répètent, vous gênent ou apparaissent avec une douleur ou une sensation de pesanteur, parlez-en à un professionnel de santé. Il pourra évaluer vos symptômes et proposer une prise en charge adaptée, plutôt que de vous conseiller simplement de contracter davantage.
Après un accouchement, quand reprendre les exercices et les sports avec impacts ?
La reprise dépend de votre accouchement, de votre récupération et de l’état du périnée. La HAS recommande une rééducation avant de reprendre une activité sportive plus intense, et précise que les activités avec impacts doivent attendre que le périnée ait retrouvé sa fonctionnalité. Demandez conseil à votre sage-femme ou à votre médecin avant de reprendre la course, les sauts ou le tennis.











